" T a n t ô t "
D o s s i e r - d e - p r e s s e




vidéo-performance de rue
par Eric Bézy


«Faut prendre le temps, faut prendre le temps de prendre son temps »
Alexandre le bienheureux avec Philippe NOIRET, réalisé par Yves ROBERT en 1967

 

Un jour, j’ai rencontré un vieux monsieur. Nous étions tous deux au même endroit au même moment assis sur le même banc. Sans se connaître nous nous sommes parlés et curieusement notre regard s’est porté sur un bouton de fleur en train d’éclore. Nous nous sommes dit que les personnes un peu pressées, qui passent devant cette plante tous les jours, ne la voyaient sans doute pas fleurir. Nous avons discuté du temps pour finalement parler sans le savoir de « Tantôt ». Précisément, nous avons parlé d’un personnage qui s’élance, saute et s’empare du soleil au moment où il disparaît dans l’horizon…
C’est le plan idéal de « Tantôt », à la fois le point de départ et un aboutissement, où une action raconte une histoire.

L’ambition du projet naissant est aussi de faire coexister ce qui retient mon intérêt : l’animation en volume, le contact vivant du théâtre de rue, la poésie des gestes, la fabrication du mouvement et l’expérience du temps.



Synopsis

« Tantôt » est à la fois le titre du projet et aussi le nom du personnage mis en jeu. Il a la particularité de vivre plus lentement que les humains, pareil aux aiguilles d’une horloge ou à une fleur qui éclot, sa mouvance dans l’espace urbain est quasi-invisible à nos yeux. En effet, on peut le croiser à un arrêt de bus, à un carrefour, une sortie d’immeuble, près d’une carte municipale où il semble être immobile comme une statue, bloqué dans un sens unique (univoque). Et pourtant, il raconte ses découvertes, à travers ses mouvements que l’on ne perçoit pas à l’oeil.

Seulement, la nuit, à la vision d’une image animée, projetée, son histoire devient visible.


Descriptif du dispositif
Deux temps pour exprimer deux temporalités différentes.

1- Temps invisible :

Dans un premier temps a lieu, en journée, la prise de vue image par image de l’acte chorégraphique de l’animateur avec Tantôt :

Ce mannequin/marionnette baptisé « Tantôt » est capable de prendre des postures fixes. Ainsi, suivant la juxtaposition de différentes poses, le manipulateur peut composer des mouvements sculptés dans le temps, tout en reprenant la méthode de capture d’images des films d’animation. Il s’agit d’un travail d’un geste précis qui par répétition devient une chorégraphie minimaliste, l’acte semble être le même et pourtant il est à chaque fois différent. Cela aide aussi à être en phase avec la temporalité de Tantôt.

Le système de capture d’images est visible par les passants qui en connaissent ainsi l’existence et éventuellement son fonctionnement. En connaissance de cause, une personne peut, avec patience, partager un temps avec le personnage. En restant suffisamment longtemps pour pouvoir apparaître à l’image.


2- Temps visible :


Dans un deuxième temps, à la nuit tombée, a lieu la restitution de l’acte de la journée, c’est-à-dire la projection en boucle du film de Tantôt.

Effectivement, grâce au dispositif vidéo, on peut retranscrire sa perception à travers une vision temporelle particulière. C’est une vitesse aléatoire où un feu rouge devient une guirlande, où le passant est fantômisé, où les ombres se déplacent : une autre temporalité où Tantôt évolue seul au milieu de la ville. Sa qualité d’observateur décalé donne un sens nouveau à l’espace.

C’est aussi la présence, à l’image, de la chorégraphie exercée par la manipulation, où chaque moment est une forme de danse, et seules les traces restent : les mouvements de Tantôt. La projection se fera sur le site même, selon les possibilités qu’offrent l’espace et les personnes du quartier. Car il est envisagé d’orienter la diffusion à partir d’une fenêtre d’un habitant ou d’une vitrine de magasin, par exemple. Les différents actes diurnes réalisés peuvent se répondre et créer une histoire d’une même ville ou d’une ville à une autre ; en cumulant les séquences d’images à la projection.



Note d’intention


«C’est un spectacle qui ne se déroule pas en une heure avec un début, une fin et une exigence de divertissement efficace. Celui-ci se déroule pendant la journée jusqu’à la tombée de la nuit et se base sur l’observation, la construction d’un mouvement, la chorégraphie du temps et des ses fragments. J'essaie de mettre en évidence les barrières qui peuvent exister entre les humains. Tout le monde ne vit pas de la même manière ni à la même vitesse, le plus rapide n’est pas forcément le plus juste ; l’espace public ne peut avoir la même signification si l’on est pressé ou pas, et c’est ce que montre Tantôt. Il est en ville et pourtant il est seul. Sa temporalité est plus proche de la plante que de l’homme, il cherche un peu de tolérance là où il faut prendre son temps. Et c’est un choix délibéré que de partager un moment avec lui, comme un jardinier avec les plantes. On découvre alors un autre univers, à l’endroit où le passant ne s’arrête pas vraiment ; on regarde le temps passer comme l’eau sous un pont. Ce n’est pas perdre son temps que d’observer ; on est curieux, on apprend, on réfléchit : comment est fabriqué l’espace dans lequel je vis ? Quels en sont les codes ? Mon objectif est
de développer la curiosité et le questionnement à la fois par rapport à l’espace mais aussi par rapport aux images.

Fabriquer une image à travers une succession de gestes, c’est l’expliquer, la décortiquer, montrer les outils de metteur en scène. Celui qui manipule l’image à sa guise est détenteur d’un pouvoir, où l’on peut jongler avec les points de vue. C’est construire une histoire et avoir toutes les cartes en les distribuant au compte-gouttes. Ces outils évoluent avec la technologie et le regard du spectateur. Et pourtant, même si ce regard s’affine, et repère les trucages par exemple, il reste une part importante d’ignorance vis-à-vis de la fabrication de l’image et de ses codes. De cette manière, l’image devient un outil idéal de propagande. C’est pourquoi, montrer sa fabrication, c’est dévoiler son sens caché et donc offrir d’autres outils de compréhension de l’image. Tantôt laisse le choix au spectateur d’être absent, en retrait ou simplement présent..»

Eric Bézy



Bientôt sur cette page vous pourrez découvrir les images réalisées lors de la résidence à l'Espace Périphérique, dans le parc de La Villette...


EQUIPE
Directeur artistique, manipulateur : Eric Bézy
Captureurs / projectionnistes : Arnaud Boulogne / Jean-Marc Delannoy

CONTACTS

Eric Bézy, direction artistique
Tél: 06 23 05 24 84
pikdupok@wanadoo.fr

Métalu A Chahuter
Blandine de la Campa, diffusion
4 rue Jules Ferry - 59120 Loos
Tél: 00 33 (0)3 20 07 23 23 - fax: 00 33 (0)3 20 50 46 73
h-a-u-t@wanadoo.fr - www.h-a-u-t.com

Le projet Tantôt est soutenu par l’Espace Périphérique (La Villette, Paris) et le FDEJ.
L’association Métalu A Chahuter est soutenue par la Ville de Lille,
le Conseil Régional Nord-Pasde-Calais, la DRAC Nord-Pas-de-Calais.